Il y a (au moins) deux façons d’être « pongien ». La première consiste à devenir spécialiste de l’œuvre, à l’étudier, l’analyser, l’interpréter, la publier, la transmettre. Je suis bien sûr pongien en ce premier sens. La seconde consiste à entretenir une relation active et, je dirais, « intéressée » à l’œuvre. De la prendre pour soi, d’en écouter la leçon, d’en assumer l’héritage, d’en tenir compte dans son propre travail de création. Bien entendu les deux postures ne sont pas incompatibles. Elles peuvent se superposer et se compléter. Bien sûr aussi chacune de ces deux postures connaît des variantes contradictoires, liées au fait que l’œuvre de Ponge est elle-même tissée de contradictions dynamiques. S’agissant de la première de ces postures, dès lors qu’elle ne s’en tient pas à la simple description philologique ou historiographique théoriquement neutre mais comporte un nécessaire moment interprétatif, elle implique une prise de parti. Historiquement on voit comme...